J'ai découvert, un jour de pluie, que
derrière le fascinant (et complexe) personnage de Peter
Pan existait un homme non moins merveilleux et fascinant
que sa créature, James Matthew Barrie. Violent coup de foudre
entre lui et moi, sans appel. Je décidai
de lui consacrer le meilleur de mon être. Mais Peter Pan
ne fut pas celui qui nous présenta l'un à l'autre.
Si Jimmy (avec qui je prends des libertés)
s'était contenté de n'être que le porteur
du rêve de Never (Never Never) Land et de ses habitants,
ce n'aurait déjà pas été rien,
mais Barrie fut infiniment plus que ceci. Peter Pan l'a dévoré
et presque tout le monde, surtout en France où il est
diablement méconnu, a oublié (mais qui parmi
ces coeurs durs l'a jamais su ?) que Mister Anon (son pseudonyme
un peu forcé, lorsqu'il débuta sa carrière
dans le monde des Lettres) était un formidable dramaturge
et romancier. Avis aux éditeurs français qui
feraient bien de proposer des traductions de ses magnifiques
oeuvres. En attendant, j'escompte vous offrir les miennes,
ici et / ou en librairie!
Sa vie de célibataire excentrique (bien
qu'il fût marié un temps) et d'enfant inachevé,
il n'a cessé de l'écrire dans chacun de ses textes. L'un des plus beaux, à mes yeux, est Le
Petit Oiseau blanc, dont j'ai entrepris de proposer sur ce site une analyse,
sorti en librairie en 2006, dans ma traduction.
En juin 2010, Actes Sud a publié ma traduction de Margaret
Ogilvy, qui est un chef-d'oeuvre (je pèse mes mots
!) inconnu.
Seule une partie du Petit Oiseau blanc,
roman délicieux et étrange, avait été
traduite en France, sous le titre Peter Pan dans les jardins
de Kensington (disponible jadis aux Editions Corentin, avec
les illustrations tronquées d'Arthur Rackham ; aujourd'hui,
le livre est disponible aux Editions Terre de Brume dans ma traduction).
C'est là qu'apparaît, pour la première fois,
Peter Pan. Mais j'ose dire que ce n'est pas le personnage le plus
intéressant de l'histoire. Je lui préfère
mille fois le Capitaine W. ou Mary A. Afin de déterminer
si j'ai raison, vous n'avez qu'une seule solution désormais
: lire ce roman !
Le style de Barrie est à
l'image de sa vie : plein d'humour, de tendresse et de cruauté.
George Bernard Shaw eut ce mot ultime pour le définir :
" Barrie abrite l'enfer dans son âme."
J'aimerais, quelques instants, vous servir de cicérone
à travers la vie de cet homme si différent de nous
et si semblable, lorsque nous sommes au crépuscule de nos
existences. Suivez-moi de Kirriemuir,
en Écosse,
son lieu de naissance, à
Londres, dans les
Jardins de Kensington, en passant par Never (Never Never)
Land, bien sûr. Chacune de ses oeuvres sera une étape
de notre voyage imaginaire. Et, si nous nous égarons sur
la route, nul doute qu'une immense et terrible aventure nous attend
à un carrefour ! Anonymement vôtre,
Céline-Albin Faivre - (Cf. mon journal en
ligne, Les
Roses de Décembre)...